Les Mutuelles face au PLFSS 2026 : plus de taxe et un risque de répercussion à signaler
Depuis plusieurs années, les adhérents des mutuelles santé font face à une escalade constante des primes. L’année 2025 a été particulièrement difficile, marquée par des augmentations notables : +5% pour les contrats individuels, +7% pour les contrats collectifs obligatoires.
Face à ces hausses jugées excessives par le gouvernement, et arguant que les organismes complémentaires ont profité d’une situation favorable pour majorer leurs tarifs sans justification valable, l’État a décidé d’intervenir via le Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale (PLFSS) pour 2026.

L’intervention de l’État : Une nouvelle taxe de 2,25 %
Pour encadrer ces dérives et compenser notamment le coût de la suspension de la réforme des retraites, le PLFSS 2026 introduit une contribution exceptionnelle de 2,25 % sur l’ensemble des cotisations perçues par les mutuelles, les assureurs santé et les institutions de prévoyance.
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Taux initial : 2,05 % (finalement porté à 2,25 %).
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Charge fiscale estimée : 1,1 milliard d’euros pour le secteur.
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Objectif avancé : Corriger le déséquilibre où la part de la Sécurité sociale dans le remboursement des dépenses médicales est passée de 76 % en 2012 à 79,4 % en 2024, tandis que les organismes complémentaires augmentaient leurs tarifs.
À savoir : Cette nouvelle contribution de 2,25 % vient s’ajouter à la Taxe de Solidarité Additionnelle (TSA), qui est déjà de 13,27 % pour les contrats responsables et de 20,27 % pour les contrats non responsables.
Le risque de répercussion : Qui paiera l’addition ?
L’intention du gouvernement est louable : freiner l’inflation des tarifs et protéger les assurés. Cependant, cette mesure corrective pourrait produire l’effet inverse.
La réponse des Organismes complémentaires
Les mutuelles s’empressent de prévenir leurs adhérents : confrontées à l’obligation réglementaire de maintenir l’équilibre financier de leurs régimes, elles n’auront d’autre choix que d’anticiper l’intégration de cette nouvelle charge fiscale.
Les mutuelles justifient les hausses passées et futures en pointant du doigt les contraintes imposées par l’État :
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Les transferts financiers exigés par l’État.
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L’extension des obligations liées aux contrats responsables.
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Le financement du dispositif du 100 % Santé.
Les experts craignent une spirale inflationniste. Si la taxe est répercutée, plus les mutuelles sont taxées, plus elles ajustent leurs prix, et ce sont in fine les ménages qui en paient le prix fort via l’augmentation de leurs cotisations.
Les perspectives pour 2026 : Des hausses inévitables ?
Malgré la volonté gouvernementale d’éviter la répercussion de cette contribution, des hausses de primes pour 2026 sont déjà largement anticipées et parfois même annoncées par plusieurs acteurs du secteur.
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Prévisions d’augmentation : Des hausses entre 3 % et 6 % sont attendues, selon les contrats et les organismes.
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Négociation en cours : Une négociation doit être engagée avant le 31 mars 2026 pour tenter d’éviter que le montant de la nouvelle contribution ne soit répercuté.
En attendant le résultat de ces pourparlers, les assurés sont les ultimes payeurs potentiels de cette nouvelle taxe.
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