L’obligation d’indemniser un sinistre constaté au regard de l’arrêt de la 2e chambre civile de la Cour de cassation en date du 21 septembre 2023

L’obligation d’indemniser un sinistre constaté au regard de l’arrêt de la 2e chambre civile de la Cour de cassation en date du 21 septembre 2023

Défiance envers les experts, défiance envers les institutions constituent autant de preuves démontrant une tension qui marque notre société. Alors que le droit à l’indemnisation n’est finalement que le corolaire de la souscription à une assurance, le préjudice ne fait pas toujours l’objet de prise en charge de la part de l’assureur. Dans le meilleur des cas, l’indemnisation n’est pas à la hauteur des attentes de l’assuré qui fait souvent état de son préjudice. Tout récemment, la Cour de cassation a mis en avant l’obligation d’indemniser d’un sinistre constaté en censurant une décision de la cour d’appel de Fort de France.

Faits

Rappelons les faits. Un immeuble destiné à la location appartenant à M. a été endommagé par un incendie. Après avoir sollicité son assureur, ce dernier décide de saisir le tribunal judiciaire pour obtenir l’indemnisation de ses préjudices estimant insuffisantes les sommes versées.

En effet, M. fait grief à l’arrêt de la Cour d’appel de Fort de France de dire que le montant de l’indemnisation due par l’assureur s’élève à la seule somme de 98 621,04 € et de le condamner à rembourser à celui-ci la somme de 568,98 €, au titre du trop-perçu sur l’indemnisation due, alors « que le juge ne peut refuser d’accorder l’indemnisation d’un dommage dont il admet l’existence, au motif de l’insuffisance des preuves fournies par une partie ; qu’en jugeant, pour écarter toute indemnisation par l’assureur des meubles garnissant les logements incendiés dont il était propriétaire, que « le tribunal a, à tort, considéré que les deux factures pro forma suffisaient à lui permettre de faire la preuve des meubles meublants perdus dans le sinistre », qu’il lui appartenait de produire « les justificatifs du contenu de chaque appartement meublé », qu’il n’était pas possible « de connaître le contenu exact de chaque appartement loué », qu’il n’appartenait pas à la cour « de se substituer à l’assuré et de tenter de faire un récapitulatif des éléments » détruits et qu’« il impossible à la cour de faire l’inventaire des meubles meublants appartenant au propriétaire et détruits par l’incendie », la cour d’appel, qui, après avoir reconnu le bien-fondé en son principe de sa demande indemnitaire, a cependant refusé d’évaluer le préjudice dont il sollicitait la réparation, a violé l’article 4 du Code civil».

Décision de la Cour de cassation

En se basant sur l’article 4 du Code civil qui dispose que « le juge qui refusera de juger, sous prétexte du silence, de l’obscurité ou de l’insuffisance de la loi, pourra être poursuivi comme coupable de déni de justice », la Cour estime que le juge ne peut refuser de statuer sur une demande dont il admet le bien-fondé en son principe, au motif de l’insuffisance des preuves fournies par une partie. En statuant ainsi, alors qu’elle relevait que la garantie des meubles meublants des différents appartements était acquise à l’assuré et justifiée par les clauses du contrat et que des meubles lui appartenant avaient été détruits par l’incendie, ce dont il résultait que M. avait nécessairement subi une perte au titre des meubles garnissant les logements incendiés, la cour d’appel, qui a refusé d’indemniser un préjudice dont elle constatait l’existence, a violé l’article 4 du Code civil.

Articles liés

La nullité du contrat d’assurance pour fausse déclaration à la lumière de la décision de la deuxième chambre civile de la Cour de cassation en date du 12 octobre 2023.

L’aléa reste une notion difficilement appréhendable alors même que la doctrine s’est attelée à l’éclaircir. Malgré ce flou qui entoure la notion, celle-ci reste étroitement liée à la nature du contrat d’assurance. Pas d’aléa, pas de contrat d’assurance puisque ce dernier est un accord aléatoire par lequel l’assureur s’engage à garantir le souscripteur en cas de réalisation d’un risque prévu au contrat. L’assuré s’engage à payer une prime mais également à déclarer les informations indispensables à l’appréciation du risque pris en charge par l’assureur. Il en ressort que la bonne foi de l’assuré revêt une place importante dans la validité du contrat. Aussi, une fausse déclaration de sa part peut entrainer la nullité du contrat d’assurance. Cette fausse déclaration doit s’apprécier à la conclusion du contrat d’assurance et non lors de la survenance du sinistre, ce que rappelle l’arrêt de la deuxième chambre civile de la Cour de cassation en date du 12 octobre 2023.

Refus d’indemnisation de l’assurance : quelles sont les marges de manœuvre pour l’assuré ?

Lorsque vous souscrivez une assurance, vous espérez bénéficier d’une protection financière en cas de sinistre. Cependant, il peut arriver que votre assureur refuse de vous indemniser ou ne vous offre pas une compensation adéquate. Ce refus est généralement lié à une clause d’exclusion prévue initialement dans le contrat d’assurance ou au sinistre. Dans de tels cas, il est important de savoir que vous disposez en tant qu’« assuré », de recours légaux pour contester la décision de votre assureur en cas de refus d’indemnisation.

La garantie incendie de l’assurance auto

Alors que les émeutes deviennent de plus en plus fréquentes, le gouvernement a annoncé des mesures de dédommagement pour les propriétaires de véhicules incendiées. 15 % d’entre eux ne sont pas assurés tout risque et ne peuvent donc pas solliciter une indemnisation auprès des assureurs. Ces émeutes ont mis en évidence toute l’importance d’une garantie incendie auto.